Los Tres Brazos
République dominicaine · 2010 – aujourd'hui

Comment peut-on vous expulser d'une maison qui vous appartient ? À Los Tres Brazos, 63 000 personnes l'ont découvert.

À Los Tres Brazos, quartier de Saint-Domingue, 63 000 personnes ont vécu la même expérience : voir leur terrain bradé à une société privée, puis se voir proposer de le racheter à crédit, à des taux qu'ils ne pouvaient pas payer. C'est ça, la corruption. Pas un concept. Des familles expulsées.

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63 000

habitants concernés, jamais consultés

Prix payés inférieurs à la valeur réelle du terrain vendu

107

victimes défendues aujourd'hui en justice

Ce qui s'est passé

2010 - La vente illégale

CORDE brade le terrain à INFEPA. Les habitants, dont certains ont des titres de propriété reconnus par décret présidentiel, ne sont ni informés ni consultés.

2010–2016 - Les expulsions

INFEPA tente de revendre les terrains à leurs propres occupants. Ceux qui ne peuvent pas payer subissent intimidations, menaces et expulsions illégales.

2016–2017 - La pression paie

Face à la mobilisation nationale et internationale, le gouvernement suspend les ventes et les expulsions. Une commission conclut à l'illégalité de la transaction.

2023 - Une décision qui fait jurisprudence

La Cour d'appel reconnaît explicitement le statut de victimes aux 107 habitants défendus, et valide le droit de la CNDH-RD à les représenter collectivement - une première en matière de corruption.

Une transaction contraire à l'intérêt général

En 2010, l'entreprise publique CORDE a cédé plus d'un million de m² à une société privée pour 80 millions de pesos - alors que la valeur officielle du terrain dépassait les 688 millions. Une transaction déclarée illégale, inconstitutionnelle et contraire à l'intérêt général par une commission d'enquête officielle.

Ceux qui ne pouvaient pas payer le rachat obligatoire imposé par l'acheteur privé ont subi intimidations, menaces et expulsions illégales.

Ce que fait la FIDH

Los Tres Brazos n'est pas un cas isolé. Notre nouveau rapport documente des dizaines de scandales similaires en Amérique du Sud et au Pakistan : des États qui bradent des droits, des entreprises qui en profitent, et des habitants qui se retrouvent seuls face à la corruption. La FIDH enquête, documente et plaide pour que ces faits soient publics, que les responsables soient identifiés et que les victimes soient reconnues.

Et en France ?

La France n'est pas à l'abri. 25e sur 180 pays selon Transparency International - ce score, souvent cité comme une bonne nouvelle, ne dit rien des affaires qui n'aboutissent pas, des élus qui renoncent à parler, des ressources publiques captées discrètement. Ce que vivent les habitants de Los Tres Brazos en République dominicaine est une version extrême d'un phénomène qui, sous des formes moins visibles, traverse toutes les démocraties.
Source : Indice de Perception de la Corruption 2024, Transparency International.

Partout où elle sévit, la corruption a besoin d'être documentée, nommée, combattue.

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Gratuit - enquêtes en République dominicaine, Colombie, Brésil et Pakistan.

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Une décision qui change tout

En 2023, pour la première fois en République dominicaine, une cour d'appel a reconnu collectivement le statut de victimes à des habitants expulsés par corruption - ouvrant la voie à des recours similaires dans tout le pays. Ce résultat n'aurait pas été possible sans des années de documentation, de plaidoyer et de soutien aux organisations locales.


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